Textile XY

Synopsis: Ce projet s’adresse aux musiciens qui utilisent la lutherie électronique. À la manière d'un chef d'orchestre ou d'un mime, un musicien performeur se tient debout devant une toile sur laquelle il applique certains gestes pour produire et guider la composition musicale. Chaque mouvement de ses mains sur le tissu est producteur d’un évènement sonore particulier. Ici la structure même du tissu devient un moyen de capter les gestes du musicien, cela pour offrir une nouvelle approche de la matière sonore. Aussi, de part son échelle cette interface donne au spectateur une lecture du procédé par lequel la musique électronique se construit.

Note d’intention: Les instruments de musique traditionnels produisent des sons qui leur sont propres. Culturellement ces sons instrumentaux peuvent être attribués aux instruments qui les produisent. En présence d’un instrument traditionnel, nous pouvons voir par quel moyen la musique est produite. Le geste instrumental du musicien révèle l'énergie mise en jeu pour produire des sons.
Au cours d’un concert de musique électronique la gestuelle du musicien-performeur est remplacée par une gestuelle de contrôle, les gestes instrumentaux se déplacent vers la technique. Le musicien qui utilise la lutherie informatique, ordinateur, claviers et interfaces spécifiques, se concentre alors sur l’organisation, le déclenchement et le contrôle des événements musicaux. Les procédés par lesquels ces évènements sont produits ne sont plus visibles ni lisibles, il se crée alors une distance entre le musicien et son public.
Un instrument électronique ne possède pas de son qui lui soit propre car celui-ci peut en produire une grande variété de types, allant du simple échantillon à la musique dans son intégralité. Ainsi, il est difficile de cerner d’où proviennent les sons de ces instruments et comment ils ont été produits. Il n’y a pas de lien direct entre l’énergie mécanique d’entrée et la sonorité produite, on parle d’une “rupture du continuum énergétique”. Ce décalage entre le geste du musicien et le son produit pose alors un problème de compréhension du travail du musicien.

Quelle forme pourrait contribuer à accompagner l’auditeur-spectateur dans sa perception d’un évènement musical ? Peut-on envisager de redonner de l’ampleur aux “gestes musicaux” propres à la lutherie informatique, afin de les rendre plus expressifs ? L’enjeu de ce travail sur la gestuelle, est que le public puisse appréhender la manière dont l’évènement musical se construit. Ce travail de cognition relatif à la musique électronique ne saurait se limiter au seul “geste musical”. Effectivement, ce processus d’appréhension peut prendre comme matière d’œuvre, la gestuelle du musicien, comme l’organisation de l’espace, les qualités de la lumière, un décor particulier, une chorégraphie, la durée de l’évènement …
Ici, mon travail se focalisera sur l’interface physique qui synchronise le geste et l’évènement musical produit. Cette interface s’adressera principalement aux musiciens qui se produisent dans des performances “laptop” live.
À la recherche d’un compromis entre les gestes instrumentaux que suscitent les instruments traditionnels et les gestes de déclenchement et de contrôle propres aux interfaces électroniques (sampler, boites à effets, table de mixage).

Connectée à un ordinateur selon un système “plug & play”, cette interface offrira une précision du contrôle des sons et une gestuelle ample qui donnera au musicien un meilleur ressenti de ce qu’il fait.

Suite du projet (Work in progress)